UN CHANTIER VERT À LA RATP
Retour d'expérience publié le : 21-10-2013

La station de métro Lourmel à Paris (ligne 8, Balard-Créteil), petite station de 219 m2 contre 600 m2 en moyenne a récemment fait l'objet de toutes les attentions, et a même eu l'honneur, après deux mois de travaux de rénovation, d'une inauguration en grande pompe, le 13 novembre dernier. Ce chantier qui s'est déroulé du 8 septembre au 14 novembre était le premier "chantier vert" de la RATP, expérience pilote menée par la Délégation générale à l'écologie urbaine et au développement durable, en association avec l'ADEME.
A travers cette expérience, la RATP souhaitait limiter les impacts environnementaux des chantiers de son programme Renouveau du métro (une trentaine de stations par an sont concernées) et mieux maîtriser le coût économique lié à cette gestion de l'environnement.
Dans le cahier des charges de l'appel d'offre du chantier de Lourmel, deux annexes ont ainsi été ajoutées. La première précisait des clauses techniques particulières, c'est-à-dire les tâches permettant d'assurer "une gestion rigoureuse des déchets, des consommations d'eau et d'énergie, des rejets de toute nature et des nuisances du chantier sur son environnement." La seconde annexe, elle, incitait les entreprises à présenter une décomposition du prix global afin de chiffrer le coût de cette gestion environnementale. Pour plus de transparence, chaque entreprise devait préciser chaque poste de coût : consommation électrique du chantier, coûts de manutention et de transport des gravats, coûts d'élimination des déchets en centre de tri ou encore volumes d'eau consommés.

Traçabilité et lisibilité

"Nous avons souhaité mettre en place toute une chaîne de responsabilité, explique Anita Ferrary, chargée de communication à la Délégation, chacun devant rendre compte de ce qui est fait, pour une meilleure lisibilité et gestion des coûts. Jusqu'à ce jour, nous n'avions pas de traçabilité sur le devenir des déchets récupérés par l'entreprise prestataire par exemple. Nous avons donc mis en place un système de bordereaux de suivi que chaque entreprise devait remplir chaque jour, aidée et contrôlée par le coordinateur environnement de la RATP, pour préciser ce que devenaient les chargements." Ce compte-rendu quotidien, ajouté à la sensibilisation et la formation de tous les salariés aux "bons réflexes environnementaux", a engendré une rigueur nécessaire dans ce type de processus. Si l'effort de transparence et de suivi n'est pas "gagné" d'avance, selon Anita Ferrary et Florence Voile, responsable de communication du projet Renouveau du métro, l'opération a été bien vécue par l'ensemble de la dizaine de PME (électricité, maçonnerie, signalétique) ayant œuvré sur le chantier.

Retour d'expérience

La RATP se dit d'ores et déjà "humainement et techniquement" satisfaite de cette opération : les ouvriers se sont véritablement impliqués. Des bassins de décantation des eaux de nettoyage ont été mis en place et ont permis de récupérer plus de 60 litres de boues, 100 m3 de déchets ont été triés par catégories (carton, palettes, métaux, peintures, tubes néons, piles, gravas) et l'extinction des éclairages a été effectué en fin de journée.
Désireuse de généraliser la démarche, qui pourrait concerner la soixantaine de PME qui travaillent sur les chantiers de rénovation chaque année, la RATP souhaite néanmoins attendre le retour complet d'expérience en terme économique, technique et humain afin de  "professionnaliser" l'initiative. Une démarche pondérée que l'entreprise publique veut inscrire dans son système global de management environnemental, précisément en cours sur la ligne 8, première ligne de métro a avoir été certifiée
ISO 14001 en 2001 avant les lignes 1 et 14 qui l'ont été depuis. Au niveau d'une ligne de métro, cela signifie que tous les services de maintenance, soit 800 personnes sur la ligne 8, ont été sensibilisés à la bonne gestion des ressources, de l'énergie et des déchets lors de chaque opération d'entretien : tri des chiffons, suivi de la consommation d'eau et d'électricité, gestion de l'enlèvement des boues, contrôle des fluorescents avec suivi des déchets... Une "action de progrès" comme le mentionne la RATP.

 
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